Une carte bancaire dédiée aux femmes

Lorsqu’on se promène dans la ville à la recherche de textes, on trouve parfois des trésors. Comme cette carte bancaire « Affinity » dédiée aux femmes, inventée par la Bred.Rien à redire sur le texte et sa formulation. C’est clair, c’est simple, c’est direct : félicitations.

En revanche, sur le concept, on est aux confins du ridicule et du n’importe quoi… Une carte bancaire dédiée aux femmes ? Pour en savoir plus, j’ai été voir de quoi il retournait, sur le site de la BRED (http://www.bred.fr/content/particuliers/fiches-particuliers/moyens_de_paiement/bred-affinity)

  • Une carte au design novateur (un carré de plastique avec marqué dessus « Bred Affinity »… on rêve !)
  • Plus de services (c’est féminin, ça ?)
  • Des partenariats ciblés (Sephora, Viapresse, Fnac Musique

Au final, que retenir ? Que la carte dédiée aux femmes leur permet d’avoir 5% chez Sephora et d’obtenir le numéro de téléphone d’un plombier.

Ne jamais oublier : il ne suffit pas de rédiger un message clair, simple et efficace, il faut commencer par avoir quelque chose de pertinent à dire. On pourrait le dire d’une autre manière : bien souvent, il est préférable de se taire.

Dans mes cours de gestion de projet à la fac, l’une des premières choses que je dis à mes étudiants est : lorsqu’un projet apparaît dans votre ligne de mire, votre premier réflexe devrait être de penser : « Non, je ne veux pas que ce projet voie le jour ». Pas pour flinguer systématiquement les idées nouvelles, mais pour se forcer, un peu à la manière des « Thinking Hats » de de Bono, à trouver le plus rapidement possible les failles du projet. J’aime à penser que si un de mes étudiants avait travaillé à la Bred, la carte Affinity n’aurait jamais vu le jour.

Je m’étonne toujours que dans ces cas-là, il ne se trouve personne pour dire  » Eh oh, les gars, on est en train de faire un truc ridicule »… Le conformisme, l’ennui, le manque de compétences, l’imbécillité de certains dédideurs, parfois tous les ingrédients se mettent en place pour aboutir à une telle catastrophe.

Je suppose que beaucoup d’entre nous ont déjà connu ça : passer des mois sur un projet mal réfléchi, avant de se rendre compte du ridicule de la situation. L’exemple qui me vient en tête est la rédaction de Club-Internet, qui s’est engouffrée pendant des mois et des mois en 1996 sur un projet de « portail personnalisé » au moyens d’un outil coûteux, complexe et pas au point (Broadvision, pour ne pas le nommer). Un projet « marketing » inepte et sans intérêt qui a fini par s’ensabler… mais un projet contre lequel toute critique était vécue comme une attaque personnelle. Personnellement, c’est à ce moment-là que j’ai eu la chance de pouvoir m’envoler vers d’autres horizons et rejoindre Réservoir-Prod.

Je dédie cette photo « Bred Affinity » à tous ceux qui ont eu à travailler sur des projets absurdes, coûteux et vides de sens, et à mes étudiants, à qui je souhaite de tout coeur d’éviter les jobs dont la principale utilité est de produire du néant.

Et je souhaite à la Bred plein de succès avec ses autres projets. Toutes les organisations produisent ce genre de « machin », ce n’est pas très grave.

Le kit du chef de projet

Les livres sur la gestion de projet sont nombreux, mais celui-ci est le meilleur que je connaisse, pour qui veut, en quelques heures seulement, acquérir les bases, et surtout les bons réflexes pour mener à bien un projet.
L’ouvrage commence alors que le projet en est déjà à un stade avancé : le cahier des charges est rédigé, on sait ce qu’on veut faire, toutes les spécifications sont arrêtées. Il faut maintenant passer à l’action, et pour cela, on demande à quelqu’un de mener le projet à bon port, dans le respect des coûts, des délais et des spécifications : c’est le rôle du chef de projet.

L’intérêt de l’ouvrage est justement de se concentrer sur cette phase cruciale et souvent négligée : le moment où il faut coordonner les ressources pour réussir le projet

Le rôle du chef de projet est présenté en trois phases et dix étapes simples, clairement expliquées. A chacune de ces étapes correspond un document, dont le modèle est disponible sur le CD-Rom qui accompagne l’ouvrage : plan de communication, budget, compte-rendu de réunion, bilan de projet.

Un livre indispensable pour toute personne qui doit s’improviser chef de projet et qui souhaite réussir dans cette mission passionnante.

Le kit du chef de projet
Hugues Marchat
Editions d’Organisation
140 pages + CD-rom
28 Euros

Conduite de projets Web


conduiteProjetWeb
Conduite de projets Web, de Stéphane Bordage, est un livre que je posséde depuis plusieurs mois, et que je viens de relire pour les besoins d’un projet.
A la première lecture, je l’avais trouvé pas mal mais embrouillé. Pas assez bon pour que j’aie envie d’en parler, mais loin d’être assez mauvais pour que je veuille m’agacer dessus. Bref : un peu anodin.

Je l’ai donc relu attentivement, la semaine dernière. Et cette fois-ci je me suis aperçu que c’est un livre complet, très pertinent, original et qui contient de nombreux conseils précieux.

Clairement, l’auteur possède une grosse expérience et nous en fait profiter. Il sait comment fonctionne concrètement un projet, et quelles erreurs éviter. Il propose dans cet ouvrage bien plus qu’une enfilade de recettes : une véritable approche méthodologique

Le reproche de complexité reste valable : le sujet est touffu et le livre aussi. Il a l’air parfois de partir dans tous les sens, mais honnêtement la matière est tellement diverse et le champ couvert si vaste, que je ne vois pas bien comment éviter ce petit effort supplémentaire demandé au lecteur. Même si certaines parties (comme celle sur la stratégie) sont moins réussies, l’un des grands mérites de cet ouvrage est son approche globale et généraliste, qui met bien en évidence le fait que la phase « fabrication du site » est une toute petite partie du travail. Les étapes d’expression des besoins et de conception sont abordées en détail, ainsi que les opérations à réaliser au moment de la mise en ligne.

Une lecture recommandée, donc, pour tous ceux qui ont besoin d’un panorama d’ensemble de la gestion de projets web.

On peut télécharger plusieurs chapitres gratuits sur le site de l’ouvrage, avant de l’acheter.

Conduite de projets Web
Stéphane Bordage
Avec la collaboration de D.Thévenon, L.Dupaquier et F.Brousse
Editions Eyrolles, 2005

Getting Real : les 37 signals publient un livre


J’ai déjà parlé ici de l’équipe 37Signals et de leurs petits outils simples, pratiques et si bien réalisés qui permettent d’organiser en ligne vos projets, to-do-lists et autres échanges d’infos en groupe … D’ailleurs, l’équipe de 37 Signals sait faire parler d’elle, puisque c’est elle qui a créé Ruby on Rails, l’une des applications « web 2.0 » qui suscitent le plus de buzz en ce moment.
Eh bien ça continue : cette fois-ci, les 37Signals publient un livre, où ils exposent leur conception du développement d’applications web. Aussi simple, percutant et pertinent que leurs produits, le livre est rédigé comme un manifeste brillant en faveur de l’agilité, de la versatilité, de la simplicité, au service d’une seule obsession : livrer un projet réussi et pertinent, dans les délais et dans le budget. La plupart des idées ont déjà été développées sur leur blog, mais leur capacité à transformer tout ça en un produit fini et cohérent fonctionne très bien…Evidemment, ce n’est pas la vérité toute crue, ni une approche qui fonctionne dans tous les cas, mais c’est un bouquin provocateur et très stimulant. Lecture recommandée, donc.
Le titre du livre : Getting Real. Il s’achète en ligne pour la somme de 19 Dollars, et on peut lire des extraits en ligne pour s’en faire une petite idée.

37 Signals, Mon petit chez-moi en ligne

37 Signals

37 Signals

37Signals est un projet de Sam Stephenson, un type qui a du goût et du talent. L’idée est simple : mettre à la disposition des internautes de petits outils de gestion de vie quotidienne ou de projets : Ta-da list est une to-do liste, writeboard est une page que l’on peut éditer à plusieurs, à utiliser dans le cadre de projets d’écriture collective… Backpack et Basecamp sont des versions plus développées de ces deux premiers concepts. Bien plus développées, même, puisque Basecamp est tout simplement un outil de gestion de projets en ligne
Rien de révolutionnaire, à première vue, sauf que la réalisation de ces outils est impeccable, l’interface un modèle de clarté et le fonctionnement superbe, grâce à un développement en XHTML dynamique très réussi. Chaque projet existe en version basique gratuite, et en version plus complète, payante. http://www.37signals.com/
Je me laisse impressionner par trois fois rien, parfois…