Que faut-il tester en priorité sur son site ?

Je recommande souvent à mes clients d’utiliser les tests A/B pour améliorer leur site. Avec les outils comme Google Website Optimizer, il n’y a rien de plus facile techniquement.

Concrètement, la difficulté est plus conceptuelle que technique : la démarche est souvent difficile à mettre en place parce qu’il est difficile d’établir des priorités, surtout lorsque le pilotage du site est assuré par un groupe de personnes.

Le site visualwebsiteoptimizer publie une petite liste bien pratique : “23 A/B testing ideas to optimize your landing page”. Rien de bien révolutionnaire : améliorer les titres, les boutons d’action, la mise en page, les blocs de texte, les couleurs… Mais à utiliser sans réserve quand on ne sait pas par quoi commencer. Parce que la pire des choses, c’est de ne pas tester.

http://visualwebsiteoptimizer.com/split-testing-blog/ab-testing-ideas/

Les photos sur le web c'est cool, mais est-ce utile ?

Jakob Nielsen vient de publier une étude intitulée Photos as Web Content.

L’idée ? Elle est simple : les internautes ne s’intéressent aux photos que si elles contiennent de l’information. Lorsque ça n’est pas le cas, ils ne les regardent même pas.

Moralité : les photos décoratives qui n’apportent rien. Elles polluent le Web et devraient disparaître de votre site. Une démonstration implacable, eye-tracking à l’appui. Parce que Jakob Nielsen ne dit jamais rien sans l’avoir vérifié auparavant.

Ce n’est pas forcément une avancée considérable dans la science du Web, mais je suis bien content que cet article existe; il va me permettre d’argumenter face aux clients, pas si rares, qui ressentent une angoisse terrible si on ne remplit pas leur pages web avec des images, des illustrations, des trucs « pour que ça fasse moins vide » et que « ça soit plus séduisant ».

En attendant, je retourne à mon blog photo, qui ne contient presque pas de texte…

A propos de Jakob Nielsen

Pour ceux qui connaissent Jakob Nielsen, le fait qu’il publie une étude sur les photos est un événement : depuis plus de 10 ans ce type critique tout ce qui se trouve sur le Web à moins que ça ressemble à du texte noir sur un fond blanc avec des liens bleus.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, mon post « Jakob Nielsen, back to basics » qui date de 2006 n’a pas pris une ride (c’est l’avantage avec les gens qui ne changent pas facilement d’avis).

Ados : comment la "génération numérique" se sert-elle vraiment d'Internet ?

Je suis entouré d’adolescents suréquipés en ordinateurs, connexions, iphones, blackberrys et autres bidules technologiques, et ce qui me frappe, c’est qu’ils ne les utilisent pas du tout comme nous. Parfois même ils ne savent pas les utiliser.

Et leur conception de l’orthographe n’est pas la différence principale.

Par exemple, mes filles et leurs amis :

  • Utilisent très rarement l’email et ne relèvent jamais leur courrier
  • Bien souvent, ne savent pas où se trouvent les fichiers qu’ils créent, sont incapables de les mettre sur une clé USB ou de les envoyer en document attaché…
  • Résultat : dès qu’il s’agit de faire quelque chose d’un peu utile avec un ordinateur, les choses se compliquent.

Alors comment font-ils ? Ils mettent tout sur Facebook, où c’est tellement facile de retrouver ce qu’on a fait…
En termes de conception de site, cela a des conséquences importantes. Quelques exemples:

  • un ado entrera peut-être en contact avec vous via le formulaire qui se trouve sur votre site, mais si vous voulez qu’il reçoive votre réponse, il vaut mieux lui demander son numéro de portable ou bien son identifiant Facebook, plutôt que son adresse e-mail.
  • si vous voulez qu’il utilise votre site, vous avez vraiment intérêt à lui mâcher le travail, à tout héberger chez vous et à ne pas faire confiance à ses compétences informatiques.

Au passage, ces rapides suggestions ne sont pas utiles seulement pour améliorer l’expérience utilisateur des ados sur votre site web, mais pour tous les publics « informatiquement challengés » auxquels vous pourriez vous adresser. Parce que si je vous racontais comment surfe ma mère…

Bref, je n’ai pas (pas encore) réalisé d’études poussées sur le comportement réel des ados devant un écran, mais je sais clairement qu’il ne faut pas se laisser aveugler par les statistiques d’usage, qui laissent supposer qu’on a affaire à des virtuoses.

Ah ! Les jeunes ! Ils ont de la chance, ils sont nés dedans donc ils n’ont pas de problèmes avec les ordinateurs. C’est la génération numérique. Tandis que nous les vieux, quelque part on n’y arrivera jamais… C’est générationnel, c’est comme ça, on n’y peut rien; c’est le sens de l’histoire, hein, alors bon, y’a plus qu’à s’incliner.

Combien de fois faudra-t-il encore subir ce genre de fausses évidences doctement énoncées par de soi-disant experts en nouvelles technologies ? (dont les par ailleurs excellentes radios du groupe Radio France raffolent, cela dit en passant).

Onedate.com, le site qui me prend pour un con

Onedate.com, le site qui me prend pour un conSoudain, un site inconnu vous offre … un exemple rêvé pour votre blog : je viens de reçevoir ce mail du site onedate.com (photo à gauche)… un attrappe-couillon évident, un truc pour m’amener à m’inscrire afin de découvrir la mystérieuse inconnue à l’origine de cette touchante photo.

Pourquoi un cadeau ? Parce que c’est l’exemple rêvé pour rappeler un principe éditorial fondamental, peut-être le premier de tous : la tromperie ne paie pas. Un internaute qu’on essaye de piéger ne deviendra jamais un internaute satisfait ou fidèle.

Imaginez : je m’inscris, je découvre que c’est une arnaque… les équipes de Onedate imaginent-elles que je vais rester inscrit une seconde sur leur site ? Leur stratégie est incompréhensible.

Non, la tromperie ne paie pas. Un principe valable dans bien d’autres domaines… mais ceci est une autre histoire

En tout cas, merci à Onedate, qui m’offre mon premier billet de blog depuis… trop longtemps (j’avais autre chose en tête, à vrai dire, mais du nouveau se prépare).

Neuro Web Design : qu'est-ce qui fait cliquer les gens ?

Je viens de terminer la lecture de Neuro Web Design, un petit bouquin bien stimulant rédigé par Susan Weinschenk, une psychologue qui s’est spécialisée dans l’expérience utilisateur et la conception d’interfaces.

L’originalité de son approche est d’utiliser les connaissances issues des neurosciences, mais aussi de la psychologie sociale, et de les appliquer à l’analyse des comportements des internautes.

On n’y trouve pas de révélations extraordinaires, mais des réflexions assez concrètes sur les thèmes du choix, de la rareté, de la gratuité, de la validation sociale, de la confiance, de l’engagement, du don, de la peur, sur le pouvoir du storytelling.

La force du livre est d’établir un lien clair entre le fonctionnement du cerveau et le comportement des individus, puis d’appliquer ces connaissances à des exemples concrets de sites Web.

Bref, une lecture enrichissante, un rapprochement réussi entre des disciplines qui n’ont pas une grande habitude de communiquer entre elles.

Qui a décidé ce qui est écrit sur les ticket de métro ?

Le ticket de métro

« Ticket » ici, « carnet » ailleurs, « RATP » à un autre endroit, et encore « STIF », « Optile », « RER », « BUS »… Il y a plein de choses marquées dans tous les sens sur un ticket de métro. Qui comprend comment tout ça a été organisé ? Qui a conçu ce bazar ? Y a-t-il une raison pour cette organisation indéchiffrable ?

Pour un architecte de l’information, le ticket de métro devrait être conçu de manière à aider son utilisateur. Il devrait contenir des informations utiles. L’adresse du site web, les horaires d’ouverture du métro, un conseil, le nom de la station où il a été acheté, quelque chose, je ne sais pas vraiment quoi, mais en tout cas pas tous ces mots dans tous les sens.

Les billets de métro sont un exemple de « text in the city » à fort contenu émotionnel. L’autre jour en reprenant un vieux livre j’ai retrouvé un ticket jaune à bande marron, de ceux qu’on trouvait jusqu’en 1992 ( bande que je vois rouge, car je suis daltonien). Je me suis alors souvenu d’une interview de Nathalie Ménigon (à moins que ce soit un autre membre d’Action directe) qui racontait qu’à sa première sortie de prison, en liberté conditionnelle, elle avait vu l’un des nouveaux tickets, bleus, et elle avait pleuré lorsqu’on lui avait dit que les billets jaunes avaient disparu depuis plus de 5 ans.

Avant c’était plus clair : sur les tickets de métro, les jaunes, il y avait marqué RATP en gros, puis en dessous : métro, autobus. Et puis un très gros chiffre, 1 ou 2, selon la classe du ticket.

Pour m’en souvenir, j’ai fait une recherche sur le Web et j’ai trouvé ce blog, consacré à l’histoire des tickets de métro parisiens.

Il n’y aura plus de tickets de métro, selon ce blog.