Hip-hop en manque d’auteurs, voilà les ghostwriters.

Un billet écrit à partir d’un article passionnant publié récemment dans Rue89 : Des paroles en vente pour rappeurs pas inspirés, la fin du hip-hop ?

En résumé : ces temps-ci, un petit scandale enflamme le milieu du rap : une rumeur folle et persistante bien que démentie, suggère que Nas ne serait pas l’auteur de ses textes.

Intermède (optionnel mais recommandé, c’est plutôt du bon hip-hop) pour ceux qui n’auraient jamais écouté Nas :

A priori, rien de bien méchant : les ghostwriters sont monnaie courante dans l’industrie musicale comme en littérature. Sauf que Nas est un rappeur « à textes », engagé. D’où le scandale.

L’intéressant, évidemment, ça n’est pas le cas de Nas, mais bien la suite de l’article, qui nous apprend à quel point la fonction de ghostwriter est organisée, nous présente un site étonnant où les rappers en mal d’inspiration peuvent commander des textes, et nous prédit que « Dans une dizaine d’années, tout le monde aura recours au ghostwriting ».

Ce qui m’intéresse dans cette histoire (en dehors du hip-hop), c’est qu’elle illustre parfaitement un point parfois difficile à faire comprendre : la rédaction est un métier, et ça n’est pas parce que tout le monde a appris à écrire que chacun sait rédiger. 

Je vois encore trop d’entreprises qui pensent pouvoir rédiger elles-mêmes leurs textes stratégiques; dans lesquelles c’est le chef de service qui corrige en fin de journée le communiqué pondu par l’assistant(e) bon(ne) en orthographe (qui parfois se voit même donner le titre de « journaliste »). Un véritable gâchis !

Les entreprises, parfois, feraient bien de s’inspirer des rappeurs. Et moi je sais déjà à quels clients et contacts sceptiques je vais faire suivre cet article !

 

Ce que j'ai appris sur mon métier en ne regardant plus la télévision et qui va me faire regarder de nouveau la télévision

fredreillier_televisionrulesthenationDepuis au moins cinq ans, je n’ai plus la télé.

Enfin si, j’ai une télé, mais je ne l’allume plus. Elle n’est plus branchée. Je ne m’en sers pas.

Il n’y a aucune hostilité particulière derrière tout ça : j’ai simplement autre chose à faire que regarder la télévision. D’abord parce que je sors beaucoup, ensuite parce que lorsque je suis chez moi, je lis, je fais des tas de trucs. Et je passe du temps sur Internet.

Bref : la télé, plus le temps. Elle ne me manque pas. Elle n’existe quasiment plus pour moi. (suite…)

La Poste : une leçon de webdesign catastrophique

J’ai déménagé récemment. Et mes bureaux également.

J’ai donc fait suivre mon courrier. Comment ? En utilisant le site de la Poste prévu à cet effet : http://reexpedition.laposte.fr/. Sur le papier (enfin, sur l’écran), l’offre est alléchante : on s’inscrit, on choisit son option, on paye en ligne, et c’est réglé (pas donné, au passage…).

« C’est simple et rapide, deux jours suffisent », annonce la page d’accueil.

En termes de design et d’expérience utilisateur : rien à dire, le site fonctionne parfaitement, l’opération se déroule sans accroc, le paiement est sécurisé, le mail de confirmation arrive bien dans ma boite aux lettres; et aussi le courrier postal annoncé. L’esprit tranquille, je jouis de mon statut de citoyen privilégié d’un pays aux services publics modernes.

La Poste

La Poste : réexpédition du courrier.

Oui mais voilà,  c’est là que ça se gâte : quinze jours après avoir fait suivre mon courrier, je reçois un email m’annonçant que mon contrat ne peut pas être appliqué, car je n’ai pas fourni mon Kbis, et une preuve de ma nouvelle adresse.

J’appelle pour en savoir plus, et là mon interlocuteur m’explique : le site Web raconte n’importe quoi, pour les entreprises, il faut envoyer un dossier avec des pièces justificatives. C’est la procédure et c’est comme ça. Et mes 80 Euros ? Ben on s’en fout; pas de pièces, pas de suivi du courrier.

Résultat : acheter un KBis en ligne, trouver une facture qui justifie de ma présence à la nouvelle adresse, me rendre à la poste rue du Louvre, rencontrer une gentille dame qui n’a rien contre moi mais qui m’explique que seuls les « vrais » KBis sont acceptés (un « vrai Kbis » ce n’est pas un KBis qu’on achète sur le site du greffe, non, un « vrai Kbis », c’est celui sur papier bleu qu’on ne peut se procurer que sur place…)

Du coup : aller au Tribunal de Commerce, récupérer un « vrai KBis », revenir rue du Louvre, retrouver la gentille dame qui m’explique que le KBis n’est pas bon parce que le changement d’adresse de mon siège social n’a pas encore été répercuté, et donc retourner une nouvelle fois au Tribuna… mais je vous lasse là, et je ne vous apprends rien… vous avez tous connu des histoires interminables dans ce genre. La mienne s’est bien terminée : après seulement trois allers-retours, j’ai fini par voir arriver mon courrier réexpédié  ma nouvelle adresse.

Mais comment être satisfait de ce résultat ? J’avais cru trouver un service en Ligne performant, je me suis retrouvé face à la Poste, la vieille Poste dans toute son horreur. Celle qui vous fait payer 45 Euros pour envoyer un chronopost qui n’arrive jamais, celle où on se retrouve derrière un type qui n’y comprend rien et monopolise pendant 20 minutes le seul guichet ouvert pour une histoire de chéques postaux, de timbres de collection ou d’envoi de recommandé… Bref, la Poste qu’on craint obscurément de retrouver à chaque fois qu’on franchit le seuil d’un bureau de Poste (même si, heureusement, la plupart du temps, ça se passe plutôt bien).

Moralité : il ne suffit pas de faire un bon site, ni même un beau site, ni même un site excellent… toutes ces qualités n’ont pas la moindre importance tant que le site ne tient pas ses promesses.

Cette aventure m’a appris une chose en tant que webdesigner : la chose la plus importante quand on réalise un site, c’est de s’assurer que la promesse du site correspond à la réalité, que les informations sont correctes, et que le site que je vais livrer à mon client ne va pas contribuer à gâcher son image, faute de moyens pour mettre à jour les informations ou faute d’avoir vérifié la cohérence des informations par rapport aux pratiques réelles de l’organisation.

Une bonne critique est plus vendeuse qu'une vile flatterie

L’excellent site FrenchWeb publie ce matin un article intitulé : [Etude] Les commentaires négatifs auraient un effet positif sur les ventes !

Ce sont les conclusions d’une étude réalisée par Panagiotis Ipeirotis (directeur du projet EconoMing de l’école d’affaires Leonard Stern de la New York University).

L’article nous apprend même qu’un commentaire positif aurait tendance à réduire les ventes de 0,2%. L’auteur explique ce paradoxe par le fait qu’une critique positive (« Excellent appareil, j’en suis très content« ) n’apporte aucune information, tandis que les critiques négatives sont souvent plus argumentées, et contiennent par conséquent davantage d’informations.

Un résultat paradoxal, mais pas totalement inexplicable.

D’abord, parce que de nombreuses études nous montrent que les consommateurs ne sont plus dupes des commentaires positifs, parmi lesquels on trouve de faux avis rémunérés. Du coup, un commentaire trop positif et trop bref devient un élément de suspicion plutôt qu’un atout.

Ensuite, parce que plusieurs mécanismes à l’oeuvre lorsque notre cerveau traite l’information jouent en faveur de cet effet paradoxal :

Lorsque nous sommes incertains, nous avons tendance à résister aux avis contraires au notre. De nombreuses études montrent que la meilleure manière de faire persister une personne dans son opinion, lorsqu’elle n’est pas solidement ancrée, consiste à la contredire.

Une information est plus bien plus efficace lorsqu’elle prend la forme d’un récit. Un internaute qui raconte son expérience avec un produit, avec les bons et les mauvais côtés, sera beaucoup plus convaincant que celui qui se déclare pleinement satisfait sans en dire plus.

Dernier argument : si la critique porte sur un critère d’achat qui nous paraît secondaire, alors elle vient nous rassurer sur le fait que les points importants pour nous ne posent pas de problème à cet utilisateur dont le commentaire négatif prouve l’objectivité. Il s’agit donc, pour nous, d’une critique positive.

L’enseignement qu’on peut tirer de cette étude en matière de stratégie éditoriale est le suivant, selon moi : lorsque vous réalisez votre site, ne pensez pas que vous allez convaincre les internautes en évitant de répondre à leurs éventuelles critiques et questions ou en dressant un tableau idéal de la situation. Le mensonge ne marche pas dans le long terme.

Rallier les internautes à votre cause est un art paradoxal… Si vous n’avez jamais lu le « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, précipitez-vous : achetez-le et dévorez-le ! Vous verrez…

"Sur le web, des textes courts tu rédigeras !"… Oubliez donc cette idée reçue.

Rédiger des textes courts, secret de l’efficacité sur le Web ? Ben non, pas toujours. L’équipe de 37 signals nous en fournit une illustration parfaite en nous racontant un test A/B effectué sur la page de présentation de leur produit Highrise (un outil de CRM en ligne). Une expérience qui démontre qu’une page longue et pleine de textes peut améliorer les ventes de manière spectaculaire par rapport à une page courte, illustrée et dynamique.

Deux images valent mieux qu’un long discours (pour des captures plus grandes, allez lire l’article original )

Version originale : textes courts, images, listes à puces… 30 secondes de lecture

(suite…)

Référencement : le livre blanc de Smile met le contenu à l'honneur

Smile est une webagency importante, que j’apprécie principalement pour deux raisons :

  • Tout d’abord, elle propose systématiquement à ses clients des solutions open source, non pas des développements maison destinés à les rendre captifs.
  • Ensuite, elle publie régulièrement des livres blancs très bien faits sur des thèmes essentiels : les meilleurs CMS, les bonnes pratiques du Web, et… le référencement.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas téléchargé les nouvelles versions de ces livres blancs. Je viens de relire celui consacré au référencement, et je ne résiste pas à l’envie de citer la conclusion :

EN CONCLUSION
Après plusieurs années d’expérience des acteurs de ce
domaine, et l’observation de l’évolution des moteurs, il
apparaît que la qualité du fond (richesse de contenu,
pertinence, organisation, spécialisation des pages) et de la
forme (simplicité, respect des normes, application de règles
simples d’organisation du contenu) restent les valeurs
sûres : un site bien pensé, bien réalisé, et bien suivi, devrait
dans la grande majorité des cas obtenir et conserver un bon
positionnement.

De plus en plus de gens sérieux ont cessé de présenter le référencement comme une sorte d’activité ésotérique plus proche de la sorcellerie que du bon sens. En voici un bel exemple. This makes me smile 🙂