Un billet écrit à partir d’un article passionnant publié récemment dans Rue89 : Des paroles en vente pour rappeurs pas inspirés, la fin du hip-hop ?

En résumé : ces temps-ci, un petit scandale enflamme le milieu du rap : une rumeur folle et persistante bien que démentie, suggère que Nas ne serait pas l’auteur de ses textes.

Intermède (optionnel mais recommandé, c’est plutôt du bon hip-hop) pour ceux qui n’auraient jamais écouté Nas :

A priori, rien de bien méchant : les ghostwriters sont monnaie courante dans l’industrie musicale comme en littérature. Sauf que Nas est un rappeur “à textes”, engagé. D’où le scandale.

L’intéressant, évidemment, ça n’est pas le cas de Nas, mais bien la suite de l’article, qui nous apprend à quel point la fonction de ghostwriter est organisée, nous présente un site étonnant où les rappers en mal d’inspiration peuvent commander des textes, et nous prédit que “Dans une dizaine d’années, tout le monde aura recours au ghostwriting”.

Ce qui m’intéresse dans cette histoire (en dehors du hip-hop), c’est qu’elle illustre parfaitement un point parfois difficile à faire comprendre : la rédaction est un métier, et ça n’est pas parce que tout le monde a appris à écrire que chacun sait rédiger. 

Je vois encore trop d’entreprises qui pensent pouvoir rédiger elles-mêmes leurs textes stratégiques; dans lesquelles c’est le chef de service qui corrige en fin de journée le communiqué pondu par l’assistant(e) bon(ne) en orthographe (qui parfois se voit même donner le titre de “journaliste”). Un véritable gâchis !

Les entreprises, parfois, feraient bien de s’inspirer des rappeurs. Et moi je sais déjà à quels clients et contacts sceptiques je vais faire suivre cet article !