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Une période électorale s’annonce, j’en profite pour ressortir un “text in the City” tiré des dernières élections législatives.

Elections durant lesquelles les riverains du Canal de l’Ourcq avaient eu la chance d’avoir pour candidate la souriante Camille Cabral, dont vous pouvez admirer l’affiche ci-dessus.

Une affiche qui m’a tout de suite frappé, car elle montre à quel point lorsque l’image et les textes ne sont pas en cohérence, le message ne peut pas passer.

Une photo artificielle, un sourire forcé, un photomontage à deux balles, comme si on avait collé l’image d’une vedette de music-hall ou de cirque sur une affiche électorale, voilà comment rater une affiche.

En effet, comme tous les genres visuels et comme tous les dispositifs de conviction, l’affiche électorale est un exercice de style qui possède des règles implicites très précises, afin d’inspirer confiance, d’avoir “l’air” d’un élu, de donner envie aux électeurs de voter pour vous. Un résultat très difficile à atteindre (d’ailleurs, les affiches électorales réussies sont plutôt rares).

Cette affiche m’a intéressé, car la candidate ne semble pas se soucier de cette dimension-là : on dirait que Camille Cabral ne cherche pas une seule seconde à jouer le “jeu de l’affiche politique”. Du point de vue de l’électeur, on veut bien croire que Camille Cabral aspire à une France Unie et Solidaire, mais il est difficile d’imaginer qu’elle va y contribuer par son action politique. Je reconnais volontiers qu’il s’agit d’un jugement superficiel basé sur une simple image, et non d’une opinion informée de citoyen, mais c’est là tout le propos : une affiche électorale est un exercice de séduction, pas une argumentation. Et pour séduire lors d’élection, il faut avoir l’air éligible sur son affiche. Camille n’a pas l’air éligible.

A ce stade de la rédaction de mon billet, je suis allé à la recherche des résultats de Camille Cabral à l’élection en question : 0,78%.

Pour être tout à fait complet, je suis également tombé sur la notice Wikipedia de la candidate, où se trouve (peut-être) une explication de cette apparente indifférence aux règles (non écrites mais très présentes), de l’affiche électorale :

Camille Cabral, médecin dermatologue d’origine brésilienne, est la créatrice du Groupe de prévention et d’action pour la santé et le travail des transsexuel(le)s (PASTT). Elle est devenue la première élue transsexuelle de la République française.

Apparemment, exclue par les Verts, elle s’est présentée en tant qu’indépendante, sans grand succès. Si j’avais un seul conseil à lui donner : la prochaine fois, réaliser une affiche plus congruente.