Puisqu’on parle de textes sur ce blog, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter Anastasiya. Voici le message qu’elle m’a écrit :

Salut! J’ai trouve votre profil sur Internet et et j’aimerais faire la connaissance avec vous , et je serais ravie si nous nous connaissons mieux, qu’est-ce que vous en pensez? Je vous ecris et j’ espere que vous attirer l’attention a moi, je suis tres bonne et tendre, j’espere que je vous plairais. Je viens de penser qu’ on peut passer a “tu”? Je vais attendre ta reponse. Je veux juste dire que si je ne peux pas acceder a ce site tu peux m’ecrire a mon adresse e-mail:  yamaeva.anastasiya@yahoo.com

Je trouve ce texte admirable. En 5 lignes, sans transitions, nous passons du statut d’inconnus à celui de bons amis qui se tutoient, espèrent se plaire et échangent leur coordonnées privées. Ce genre de mail est très efficace, et les gens qui les rédigent ne laissent rien au hasard. La maladresse est étudiée, la progression est étudiée, les questions qui ponctuent le message et permettent au lecteur de commencer à fantasmer sont étudiées. Un bel exemple de “webcopy”.

Mais si ce texte m’intéresse, c’est surtout parcequ’il possède une qualité essentielle  : la priorité absolue de celui (celle ?) qui l’a rédigé est de capter l’attention de son lecteur.

Une qualité que j’aimerais tant retrouver dans tous les rapports, cahiers des charges et autres documents professionnels que je lis (et que je rédige) chaque jour.

Anastasiya mon amour, tu attendras longtemps ma réponse, mais j’espère que je ne t’oublierai jamais : j’aimerais tant, en me souvenant de toi, ne jamais omettre, lorsque j’écris un texte, d’avoir pour priorité absolue de capter l l’attention de mon lecteur.