Seth Godin n’est pas mon gourou du marketing favori, car je n’aime pas ses bouquins, qui sont bâclés et mal écrits. Mais il a des vues percutantes et originales; parfois très utiles pour remettre en question les idées établies.
Le titre du suggère une n-ième version de la liste de “bons conseils pour être mieux placé sur les bons mots-clés sur pages de résultats des moteurs de recherche”. Mais c’est exactement le contraire. Seth Godin nous explique en effet que selon lui, c’est généralement une perte de temps et d’énergie d’optimiser son site pour des mots-clés spécifiques.
J’ai trouvé cette vidéo inspirée et inspirante ce matin, grâce à Slashdot. Tôt ou tard (bientôt j’espère), le genre de scénarios décrits par Patti Maes verront le jour : l’information sera instantanée, omniprésente, pertinente, contextuelle, infiniment disponible.
Pour quelqu’un dont le métier est d’organiser l’information, les questions se bousculent : quelles méthodes faudra-t-il imaginer pour concevoir l’univers informationnel décrit ici ? Comment l’information sera-t-elle qualifiée ? Quels acteurs proposeront quels services ? Quelle sera la part des algorithmes ?
Et puis : Y aura-t-il encore de la pub sur les murs ? (La mort de ma rubrique “text in the City”)… Sans compter la question des questions : avec des objets comme ceux-là, à quoi ressemblera Facebook ?
Voici un pauvre distributeur placé dans un recoin du Centre Commercial Auchan Villetaneuse qui nous parle : “Je suis un distributeur multifonction“, nous dit-il.
Si vous êtes arrivé(e) jusqu’à lui, c’est que vous étiez à la recherche d’un distributeur et que, depuis quelques mètres déjà, vous aviez compris que c’en était un. Pourquoi vous dire ce que vous savez déjà ? Vous ignoriez peut-être qu’il était multifonction, mais aviez-vous vraiment envie de le savoir ?
Barcelone est une ville où j’ai trouvé plein d’idées en matière de texte dans la ville.
Un petit exemple capté sur la plage de la Barceloneta : cette bulle de BD dressée sur le sable, rappelant aux baigneurs qu’ils peuvent éventuellement jeter leurs papiers dans la poubelle et non par terre.
L’effort pour interpeller le passant en utilisant une représentation de la parole (la bulle de BD) me semble cent fois plus efficace qu’un habituel affichage administratif à base d’arrêté municipal et d’ Interdiction de déposer vos déchets sur le sol.
Déniché sur le très bon site Citrinitas du designer Elif Ayiter, The History of Visual Communication est une présentation historique de la communication visuelle, assez classique (les grottes, les idéogrammes, l’alphabet, l’imprimerie, la typographie, les avant-gardes, l’ordinateur…) mais richement illustrée et bien écrite (en anglais).
Ce qui m’a intéressé est l’angle de cette présentation : montrer en quoi des images peuvent être utilisées pour transcrire des messages au contenu pourtant textuel. Le pitch par l’auteur :
This website attempts to walk you through the long and diverse history of a particular aspect of human endeavour: The translation of ideas, stories and concepts that are largely textual and/or word based into a visual format, i.e. visual communication
Et pour aller plus loin, on trouve de nombreuses références à d’autres sites, mais aussi à de bons articles de Wikipedia.
Puisqu’on parle de textes sur ce blog, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter Anastasiya. Voici le message qu’elle m’a écrit :
Salut! J’ai trouve votre profil sur Internet et et j’aimerais faire la connaissance avec vous , et je serais ravie si nous nous connaissons mieux, qu’est-ce que vous en pensez? Je vous ecris et j’ espere que vous attirer l’attention a moi, je suis tres bonne et tendre, j’espere que je vous plairais. Je viens de penser qu’ on peut passer a “tu”? Je vais attendre ta reponse. Je veux juste dire que si je ne peux pas acceder a ce site tu peux m’ecrire a mon adresse e-mail: yamaeva.anastasiya@yahoo.com
Je trouve ce texte admirable. En 5 lignes, sans transitions, nous passons du statut d’inconnus à celui de bons amis qui se tutoient, espèrent se plaire et échangent leur coordonnées privées. Ce genre de mail est très efficace, et les gens qui les rédigent ne laissent rien au hasard. La maladresse est étudiée, la progression est étudiée, les questions qui ponctuent le message et permettent au lecteur de commencer à fantasmer sont étudiées. Un bel exemple de “webcopy”.
Mais si ce texte m’intéresse, c’est surtout parcequ’il possède une qualité essentielle : la priorité absolue de celui (celle ?) qui l’a rédigé est de capter l’attention de son lecteur.
Une qualité que j’aimerais tant retrouver dans tous les rapports, cahiers des charges et autres documents professionnels que je lis (et que je rédige) chaque jour.
Anastasiya mon amour, tu attendras longtemps ma réponse, mais j’espère que je ne t’oublierai jamais : j’aimerais tant, en me souvenant de toi, ne jamais omettre, lorsque j’écris un texte, d’avoir pour priorité absolue de capter l l’attention de mon lecteur.