Je recommande souvent à mes clients d’utiliser les tests A/B pour améliorer leur site. Avec les outils comme Google Website Optimizer, il n’y a rien de plus facile techniquement.
Concrètement, la difficulté est plus conceptuelle que technique : la démarche est souvent difficile à mettre en place parce qu’il est difficile d’établir des priorités, surtout lorsque le pilotage du site est assuré par un groupe de personnes.
Le site visualwebsiteoptimizer publie une petite liste bien pratique : “23 A/B testing ideas to optimize your landing page”. Rien de bien révolutionnaire : améliorer les titres, les boutons d’action, la mise en page, les blocs de texte, les couleurs… Mais à utiliser sans réserve quand on ne sait pas par quoi commencer. Parce que la pire des choses, c’est de ne pas tester.
Depuis plusieurs jours, je suis retombé plusieurs fois sur cette présentation excellente, tirée d’une conférence donnée par Anne-Sophie Fradier pendant Paris Web 2010 (je n’y étais pas, je vais rarement à ce genre de trucs, je sais bien que j’ai tort). Je suis un peu naïf, mais je n’avais jamais entendu parler de macrotypographie avant de découvrir l’existence de cette présentation grâce à l’appli Iphone d’Etapes Graphiques.
Evidemment, les slides sont loin de tout dire, et on sent que la présentation a été passionnante. Mais ça donne des idées, ça inspire, ça fait réfléchir. Et c’est déjà beaucoup dans ce monde de brutes. Ce sont des choses que j’ai toujours confusément pensées et auxquelles il m’est arrivé de réfléchir, sans parvenir à quoi que ce soit d’utilisable. Autant dire que je trouve ces quelques écrans très inspirants.
L’idée ? Elle est simple : les internautes ne s’intéressent aux photos que si elles contiennent de l’information. Lorsque ça n’est pas le cas, ils ne les regardent même pas.
Moralité : les photos décoratives qui n’apportent rien. Elles polluent le Web et devraient disparaître de votre site. Une démonstration implacable, eye-tracking à l’appui. Parce que Jakob Nielsen ne dit jamais rien sans l’avoir vérifié auparavant.
Ce n’est pas forcément une avancée considérable dans la science du Web, mais je suis bien content que cet article existe; il va me permettre d’argumenter face aux clients, pas si rares, qui ressentent une angoisse terrible si on ne remplit pas leur pages web avec des images, des illustrations, des trucs “pour que ça fasse moins vide” et que “ça soit plus séduisant”.
En attendant, je retourne à mon blog photo, qui ne contient presque pas de texte…
A propos de Jakob Nielsen
Pour ceux qui connaissent Jakob Nielsen, le fait qu’il publie une étude sur les photos est un événement : depuis plus de 10 ans ce type critique tout ce qui se trouve sur le Web à moins que ça ressemble à du texte noir sur un fond blanc avec des liens bleus.
Pour ceux qui ne le connaissent pas, mon post “Jakob Nielsen, back to basics” qui date de 2006 n’a pas pris une ride (c’est l’avantage avec les gens qui ne changent pas facilement d’avis).
Les 37 signals ont encore frappé. Leur nouveau livre, Rework, est une réussite. Sur le fond, c’est une version augmentée de Getting Real, l’e-book qu’ils avaient publié il y a 2 ou 3 ans et que l’on peut lire librement en ligne aujourd’hui. Sur la forme, c’est un bonheur : l’objet est beau, les dessins sont réussis, le plaisir de lire est total.
Le sujet : comment travailler intelligemment ? L’équipe de 37 Signals est à l’origine de plusieurs projets parmi les plus sexy du web 2.0 : Ruby on Rails, Basecamp, et toute une gamme de sites élégants destinés à nous faciliter le travail. Ils agacent pas mal de monde parce qu’ils sont intelligents, sûrs d’eux et un peu arrogants. Mais surtout ils défendent des idées qui méritent qu’on s’y arrête. En vrac, quelques thèmes de chapitres :
Les réunions sont toxiques
Rien ne sert de travailler à la même heure ou au même endroit que ses collègues
Ca ne sert généralement à rien de faire un planning
Il faut passer moins de temps à travailler
Il faut virer ses employés du bureau à 17 heures
Il vaut souvent mieux avoir une offre moins riche que la concurrence
Ca ne sert à rien de surveiller ce que font les concurrents
Il faut écrire le moins possible…
Le tout brillamment argumenté. J’aime ! (ne le dites pas à mes étudiants en gestion de projet…)
Seth Godin n’est pas mon gourou du marketing favori, car je n’aime pas ses bouquins, qui sont bâclés et mal écrits. Mais il a des vues percutantes et originales; parfois très utiles pour remettre en question les idées établies.
Le titre du suggère une n-ième version de la liste de “bons conseils pour être mieux placé sur les bons mots-clés sur pages de résultats des moteurs de recherche”. Mais c’est exactement le contraire. Seth Godin nous explique en effet que selon lui, c’est généralement une perte de temps et d’énergie d’optimiser son site pour des mots-clés spécifiques.
J’ai trouvé cette vidéo inspirée et inspirante ce matin, grâce à Slashdot. Tôt ou tard (bientôt j’espère), le genre de scénarios décrits par Patti Maes verront le jour : l’information sera instantanée, omniprésente, pertinente, contextuelle, infiniment disponible.
Pour quelqu’un dont le métier est d’organiser l’information, les questions se bousculent : quelles méthodes faudra-t-il imaginer pour concevoir l’univers informationnel décrit ici ? Comment l’information sera-t-elle qualifiée ? Quels acteurs proposeront quels services ? Quelle sera la part des algorithmes ?
Et puis : Y aura-t-il encore de la pub sur les murs ? (La mort de ma rubrique “text in the City”)… Sans compter la question des questions : avec des objets comme ceux-là, à quoi ressemblera Facebook ?