Ados : comment la “génération numérique” se sert-elle vraiment d’Internet ?

Posté le 4/06/2010 by Fred Reillier

Je suis entouré d’adolescents suréquipés en ordinateurs, connexions, iphones, blackberrys et autres bidules technologiques, et ce qui me frappe, c’est qu’ils ne les utilisent pas du tout comme nous. Parfois même ils ne savent pas les utiliser.

Et leur conception de l’orthographe n’est pas la différence principale.

Par exemple, mes filles et leurs amis :

  • Utilisent très rarement l’email et ne relèvent jamais leur courrier
  • Bien souvent, ne savent pas où se trouvent les fichiers qu’ils créent, sont incapables de les mettre sur une clé USB ou de les envoyer en document attaché…
  • Résultat : dès qu’il s’agit de faire quelque chose d’un peu utile avec un ordinateur, les choses se compliquent.

Alors comment font-ils ? Ils mettent tout sur Facebook, où c’est tellement facile de retrouver ce qu’on a fait…
En termes de conception de site, cela a des conséquences importantes. Quelques exemples:

  • un ado entrera peut-être en contact avec vous via le formulaire qui se trouve sur votre site, mais si vous voulez qu’il reçoive votre réponse, il vaut mieux lui demander son numéro de portable ou bien son identifiant Facebook, plutôt que son adresse e-mail.
  • si vous voulez qu’il utilise votre site, vous avez vraiment intérêt à lui mâcher le travail, à tout héberger chez vous et à ne pas faire confiance à ses compétences informatiques.

Au passage, ces rapides suggestions ne sont pas utiles seulement pour améliorer l’expérience utilisateur des ados sur votre site web, mais pour tous les publics “informatiquement challengés” auxquels vous pourriez vous adresser. Parce que si je vous racontais comment surfe ma mère…

Bref, je n’ai pas (pas encore) réalisé d’études poussées sur le comportement réel des ados devant un écran, mais je sais clairement qu’il ne faut pas se laisser aveugler par les statistiques d’usage, qui laissent supposer qu’on a affaire à des virtuoses.

Ah ! Les jeunes ! Ils ont de la chance, ils sont nés dedans donc ils n’ont pas de problèmes avec les ordinateurs. C’est la génération numérique. Tandis que nous les vieux, quelque part on n’y arrivera jamais… C’est générationnel, c’est comme ça, on n’y peut rien; c’est le sens de l’histoire, hein, alors bon, y’a plus qu’à s’incliner.

Combien de fois faudra-t-il encore subir ce genre de fausses évidences doctement énoncées par de soi-disant experts en nouvelles technologies ? (dont les par ailleurs excellentes radios du groupe Radio France raffolent, cela dit en passant).

Onedate.com, le site qui me prend pour un con

Posté le 22/04/2010 by Fred Reillier

Onedate.com, le site qui me prend pour un conSoudain, un site inconnu vous offre … un exemple rêvé pour votre blog : je viens de reçevoir ce mail du site onedate.com (photo à gauche)… un attrappe-couillon évident, un truc pour m’amener à m’inscrire afin de découvrir la mystérieuse inconnue à l’origine de cette touchante photo.

Pourquoi un cadeau ? Parce que c’est l’exemple rêvé pour rappeler un principe éditorial fondamental, peut-être le premier de tous : la tromperie ne paie pas. Un internaute qu’on essaye de piéger ne deviendra jamais un internaute satisfait ou fidèle.

Imaginez : je m’inscris, je découvre que c’est une arnaque… les équipes de Onedate imaginent-elles que je vais rester inscrit une seconde sur leur site ? Leur stratégie est incompréhensible.

Non, la tromperie ne paie pas. Un principe valable dans bien d’autres domaines… mais ceci est une autre histoire

En tout cas, merci à Onedate, qui m’offre mon premier billet de blog depuis… trop longtemps (j’avais autre chose en tête, à vrai dire, mais du nouveau se prépare).

Neuro Web Design : qu’est-ce qui fait cliquer les gens ?

Posté le 12/06/2009 by Fred Reillier

Je viens de terminer la lecture de Neuro Web Design, un petit bouquin bien stimulant rédigé par Susan Weinschenk, une psychologue qui s’est spécialisée dans l’expérience utilisateur et la conception d’interfaces.

L’originalité de son approche est d’utiliser les connaissances issues des neurosciences, mais aussi de la psychologie sociale, et de les appliquer à l’analyse des comportements des internautes.

On n’y trouve pas de révélations extraordinaires, mais des réflexions assez concrètes sur les thèmes du choix, de la rareté, de la gratuité, de la validation sociale, de la confiance, de l’engagement, du don, de la peur, sur le pouvoir du storytelling.

La force du livre est d’établir un lien clair entre le fonctionnement du cerveau et le comportement des individus, puis d’appliquer ces connaissances à des exemples concrets de sites Web.

Bref, une lecture enrichissante, un rapprochement réussi entre des disciplines qui n’ont pas une grande habitude de communiquer entre elles.

Qui a décidé ce qui est écrit sur les ticket de métro ?

Posté le 30/03/2009 by Fred Reillier

Le ticket de métro

“Ticket” ici, “carnet” ailleurs, “RATP” à un autre endroit, et encore “STIF”, “Optile”, “RER”, “BUS”… Il y a plein de choses marquées dans tous les sens sur un ticket de métro. Qui comprend comment tout ça a été organisé ? Qui a conçu ce bazar ? Y a-t-il une raison pour cette organisation indéchiffrable ?

Pour un architecte de l’information, le ticket de métro devrait être conçu de manière à aider son utilisateur. Il devrait contenir des informations utiles. L’adresse du site web, les horaires d’ouverture du métro, un conseil, le nom de la station où il a été acheté, quelque chose, je ne sais pas vraiment quoi, mais en tout cas pas tous ces mots dans tous les sens.

Les billets de métro sont un exemple de “text in the city” à fort contenu émotionnel. L’autre jour en reprenant un vieux livre j’ai retrouvé un ticket jaune à bande marron, de ceux qu’on trouvait jusqu’en 1992 ( bande que je vois rouge, car je suis daltonien). Je me suis alors souvenu d’une interview de Nathalie Ménigon (à moins que ce soit un autre membre d’Action directe) qui racontait qu’à sa première sortie de prison, en liberté conditionnelle, elle avait vu l’un des nouveaux tickets, bleus, et elle avait pleuré lorsqu’on lui avait dit que les billets jaunes avaient disparu depuis plus de 5 ans.

Avant c’était plus clair : sur les tickets de métro, les jaunes, il y avait marqué RATP en gros, puis en dessous : métro, autobus. Et puis un très gros chiffre, 1 ou 2, selon la classe du ticket.

Pour m’en souvenir, j’ai fait une recherche sur le Web et j’ai trouvé ce blog, consacré à l’histoire des tickets de métro parisiens.

Il n’y aura plus de tickets de métro, selon ce blog.

Google se trompe-t-il en basant toutes ses décisions sur les statistiques ? Une leçon de Jakob Nielsen.

Posté le 26/03/2009 by Fred Reillier

Douglas Bowman, le directeur artistique de Google, a annoncé sa démission sur son blog, il y a quelques jours. Le motif ? Il ne supporte plus que la moindre de ses propositions graphiques doive être justifiée par des tests statistiques.

A priori, la logique serait plutôt du côté de Google : sur le Web, il est tellement facile de tester entre plusieurs options qu’il serait stupide de se priver de ce moyen simple pour optimiser son site Web. L’opinion d’un designer face à un résultat statistique fiable ne pèse pas bien lourd… l’artiste peut se tromper, l’étude du comportement des internautes est un guide objectif.

Est-ce vraiment si simple ?

Jakob Nielsen, dans sa newsletter de ce matin, prend la défense de la position de Bowman, de manière brillante et intelligente.

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Adobe lance un “SEO Technology Center consacré” à l’optimisation et au référencement de sites en Flash

Posté le 18/03/2009 by Fred Reillier

En bon éditeur online, lorsqu’on me demande mon avis sur l’opportunité de réaliser un site en Flash, je réponds invariablement : c’est une mauvaise idée.

Mes arguments sont bien connus et sont toujours les mêmes : problèmes d’accessibilité, problème de référencement. Généralement, faire un site en Flash ne sert à rien et peut être nuisible. Evidemment, il y a des cas particuliers (des jeux, par exemple), mais sur le genre de site où on consulte quelqu’un comme moi, la réponse est claire et confortable.

Adobe fait régulièrement des efforts pour rendre ses technologies “d’interface riche” plus compatibles avec les standards. Ce matin, je suis tombé sur cette rubrique de leur “developer Center” intitulée “SEO Optimisation Center”, et qui commence ainsi :

Ensuring that search engines can crawl and index your rich Internet applications (RIAs)—so that your content can be found by others—is of critical importance to building and maintaining an online presence. While Adobe and the leading search engines are making significant strides in making SWF content more searchable, you can take additional steps now to improve your search ranking positions further.

Que trouve-t-on dans le SEO Optimization Center ? Des articles, des bonnes pratiques… pas grand chose de nouveau pour qui s’intéresse depuis longtemps aux techniques de référencement, mais des conseils assez approfondis et pertinents pour optimiser l’indexation et l’ “usabilité” d’un site réalisé en Flash, mais aussi en Ajax ou toute autre technique de création d’interface riche.

Ce n’est qu’un début… Rubrique à surveiller en espérant qu’Adobe saura l’animer et l’enrichir régulièrement.

L’adresse : http://www.adobe.com/devnet/seo/