Douglas Bowman, le directeur artistique de Google, a annoncé sa démission sur son blog, il y a quelques jours. Le motif ? Il ne supporte plus que la moindre de ses propositions graphiques doive être justifiée par des tests statistiques.
A priori, la logique serait plutôt du côté de Google : sur le Web, il est tellement facile de tester entre plusieurs options qu’il serait stupide de se priver de ce moyen simple pour optimiser son site Web. L’opinion d’un designer face à un résultat statistique fiable ne pèse pas bien lourd… l’artiste peut se tromper, l’étude du comportement des internautes est un guide objectif.
Est-ce vraiment si simple ?
Jakob Nielsen, dans sa newsletter de ce matin, prend la défense de la position de Bowman, de manière brillante et intelligente.
J’ai trouvé cette vidéo inspirée et inspirante ce matin, grâce à Slashdot. Tôt ou tard (bientôt j’espère), le genre de scénarios décrits par Patti Maes verront le jour : l’information sera instantanée, omniprésente, pertinente, contextuelle, infiniment disponible.
Pour quelqu’un dont le métier est d’organiser l’information, les questions se bousculent : quelles méthodes faudra-t-il imaginer pour concevoir l’univers informationnel décrit ici ? Comment l’information sera-t-elle qualifiée ? Quels acteurs proposeront quels services ? Quelle sera la part des algorithmes ?
Et puis : Y aura-t-il encore de la pub sur les murs ? (La mort de ma rubrique “text in the City”)… Sans compter la question des questions : avec des objets comme ceux-là, à quoi ressemblera Facebook ?
Il s’agit d’une information du Telegraph, qui raconte que Marie-Françoise Gaouyer, maire de la ville d’Eu en Normandie, pense sérieusement modifier le nom de sa ville, afin d’améliorer ses résultats sur les moteurs de recherche.
Une fois de plus, il nous rend plus intelligents et nous régale de sa prose limpide, en nous expliquant de manière simple mais pas simpliste les bases du droit d’auteur. A lire absolument !
Déniché sur le très bon site Citrinitas du designer Elif Ayiter, The History of Visual Communication est une présentation historique de la communication visuelle, assez classique (les grottes, les idéogrammes, l’alphabet, l’imprimerie, la typographie, les avant-gardes, l’ordinateur…) mais richement illustrée et bien écrite (en anglais).
Ce qui m’a intéressé est l’angle de cette présentation : montrer en quoi des images peuvent être utilisées pour transcrire des messages au contenu pourtant textuel. Le pitch par l’auteur :
This website attempts to walk you through the long and diverse history of a particular aspect of human endeavour: The translation of ideas, stories and concepts that are largely textual and/or word based into a visual format, i.e. visual communication
Et pour aller plus loin, on trouve de nombreuses références à d’autres sites, mais aussi à de bons articles de Wikipedia.
Puisqu’on parle de textes sur ce blog, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter Anastasiya. Voici le message qu’elle m’a écrit :
Salut! J’ai trouve votre profil sur Internet et et j’aimerais faire la connaissance avec vous , et je serais ravie si nous nous connaissons mieux, qu’est-ce que vous en pensez? Je vous ecris et j’ espere que vous attirer l’attention a moi, je suis tres bonne et tendre, j’espere que je vous plairais. Je viens de penser qu’ on peut passer a “tu”? Je vais attendre ta reponse. Je veux juste dire que si je ne peux pas acceder a ce site tu peux m’ecrire a mon adresse e-mail: yamaeva.anastasiya@yahoo.com
Je trouve ce texte admirable. En 5 lignes, sans transitions, nous passons du statut d’inconnus à celui de bons amis qui se tutoient, espèrent se plaire et échangent leur coordonnées privées. Ce genre de mail est très efficace, et les gens qui les rédigent ne laissent rien au hasard. La maladresse est étudiée, la progression est étudiée, les questions qui ponctuent le message et permettent au lecteur de commencer à fantasmer sont étudiées. Un bel exemple de “webcopy”.
Mais si ce texte m’intéresse, c’est surtout parcequ’il possède une qualité essentielle : la priorité absolue de celui (celle ?) qui l’a rédigé est de capter l’attention de son lecteur.
Une qualité que j’aimerais tant retrouver dans tous les rapports, cahiers des charges et autres documents professionnels que je lis (et que je rédige) chaque jour.
Anastasiya mon amour, tu attendras longtemps ma réponse, mais j’espère que je ne t’oublierai jamais : j’aimerais tant, en me souvenant de toi, ne jamais omettre, lorsque j’écris un texte, d’avoir pour priorité absolue de capter l l’attention de mon lecteur.