Rework : si vos méthodes de travail vous travaillent

Posté le 14/06/2010 by Fred Reillier

Les 37 signals ont encore frappé. Leur nouveau livre, Rework, est une réussite. Sur le fond, c’est une version augmentée de Getting Real, l’e-book qu’ils avaient publié il y a 2 ou 3 ans et que l’on peut lire librement en ligne aujourd’hui. Sur la forme, c’est un bonheur : l’objet est beau, les dessins sont réussis, le plaisir de lire est total.

Le sujet : comment travailler intelligemment ? L’équipe de 37 Signals est à l’origine de plusieurs projets parmi les plus sexy du web 2.0 : Ruby on Rails, Basecamp, et toute une gamme de sites élégants destinés à nous faciliter le travail. Ils agacent pas mal de monde parce qu’ils sont intelligents, sûrs d’eux et un peu arrogants. Mais surtout ils défendent des idées qui méritent qu’on s’y arrête. En vrac, quelques thèmes de chapitres :

  • Les réunions sont toxiques
  • Rien ne sert de travailler à la même heure ou au même endroit que ses collègues
  • Ca ne sert généralement à rien de faire un planning
  • Il faut passer moins de temps à travailler
  • Il faut virer ses employés du bureau à 17 heures
  • Il vaut souvent mieux avoir une offre moins riche que la concurrence
  • Ca ne sert à rien de surveiller ce que font les concurrents
  • Il faut écrire le moins possible…

Le tout brillamment argumenté. J’aime ! (ne le dites pas à mes étudiants en gestion de projet…)

Pour vous faire une première idée et vous mettre en appétit, lisez la version en ligne de Getting Real

Ados : comment la “génération numérique” se sert-elle vraiment d’Internet ?

Posté le 4/06/2010 by Fred Reillier

Je suis entouré d’adolescents suréquipés en ordinateurs, connexions, iphones, blackberrys et autres bidules technologiques, et ce qui me frappe, c’est qu’ils ne les utilisent pas du tout comme nous. Parfois même ils ne savent pas les utiliser.

Et leur conception de l’orthographe n’est pas la différence principale.

Par exemple, mes filles et leurs amis :

  • Utilisent très rarement l’email et ne relèvent jamais leur courrier
  • Bien souvent, ne savent pas où se trouvent les fichiers qu’ils créent, sont incapables de les mettre sur une clé USB ou de les envoyer en document attaché…
  • Résultat : dès qu’il s’agit de faire quelque chose d’un peu utile avec un ordinateur, les choses se compliquent.

Alors comment font-ils ? Ils mettent tout sur Facebook, où c’est tellement facile de retrouver ce qu’on a fait…
En termes de conception de site, cela a des conséquences importantes. Quelques exemples:

  • un ado entrera peut-être en contact avec vous via le formulaire qui se trouve sur votre site, mais si vous voulez qu’il reçoive votre réponse, il vaut mieux lui demander son numéro de portable ou bien son identifiant Facebook, plutôt que son adresse e-mail.
  • si vous voulez qu’il utilise votre site, vous avez vraiment intérêt à lui mâcher le travail, à tout héberger chez vous et à ne pas faire confiance à ses compétences informatiques.

Au passage, ces rapides suggestions ne sont pas utiles seulement pour améliorer l’expérience utilisateur des ados sur votre site web, mais pour tous les publics “informatiquement challengés” auxquels vous pourriez vous adresser. Parce que si je vous racontais comment surfe ma mère…

Bref, je n’ai pas (pas encore) réalisé d’études poussées sur le comportement réel des ados devant un écran, mais je sais clairement qu’il ne faut pas se laisser aveugler par les statistiques d’usage, qui laissent supposer qu’on a affaire à des virtuoses.

Ah ! Les jeunes ! Ils ont de la chance, ils sont nés dedans donc ils n’ont pas de problèmes avec les ordinateurs. C’est la génération numérique. Tandis que nous les vieux, quelque part on n’y arrivera jamais… C’est générationnel, c’est comme ça, on n’y peut rien; c’est le sens de l’histoire, hein, alors bon, y’a plus qu’à s’incliner.

Combien de fois faudra-t-il encore subir ce genre de fausses évidences doctement énoncées par de soi-disant experts en nouvelles technologies ? (dont les par ailleurs excellentes radios du groupe Radio France raffolent, cela dit en passant).