L’affichage public de l’heure

Posté le 18/12/2008 by Fred Reillier

Pendant des siècles, l’heure fut une information collective : le cadran solaire sur les bâtiments publics, le clocher de l’église que l’on pouvait entendre à plusieurs kilomètres alentour, et, plus récemment, des horloges comme celle de la gare de Lyon. Un vrai exemple historique important de “text in the City”

Aujourd’hui, les églises ne sonnent plus (ça énerve les habitants), et je me demande qui consulte encore l’horloge de la gare de Lyon : le réflexe de base est de regarder son téléphone portable.

L’heure est devenue une donnée portable, que l’on peut consulter de façon autonome. Dans une maison, le nombre d’objets susceptibles de donner l’heure est incroyable : le magnétoscope, la chaîne stéréo, le four, le micro-ondes, les ordinateurs…

L’affichage public de l’heure nous a laissé de superbes vestiges.
Parmi les messages qui envahissent notre espace public aujourd’hui, lesquels laisseront dans quelques décennies d’aussi beaux souvenirs que les horloges de gare ?

Entreprendre, c’est aimer l’audace

Posté le 4/12/2008 by Fred Reillier

Aujourd’hui, je me bats avec mon logiciel de compta.

C’est pourquoi, par association d’idées, j’ai eu envie de ressortir cette pub photographiée au printemps dernier : une pub de l’ordre des Experts Comptables, pour donner envie aux jeunes de rejoindre leurs rangs.

On y voit un “jeune”, habillé en premier de la classe, juché sur un réverbère. Il nous sourit et dit “Entreprendre, c’est aimer l’audace”.

On voit parfois des pubs au message incompréhensible, mais je trouve que celle-ci remporterait toutes les palmes s’il existait un concours en la matière.

Admettons sans discuter que “Entreprendre, c’est aimer l’audace” (pour moi, c’est loin d’être évident, mais ceci est un autre débat…). Une fois le message admis, la question est : quel rapport avec le jeune sur le réverbère ? Le fait de monter sur du mobilier urbain est-il une preuve d’audace ? (je veux dire : monter sur du mobilier urbain sans le dégrader, comme le ferait une racaille, évidemment).

Est-ce un trait d’humour ? Je suppose. Du moins un clin d’oeil. Personnellement j’y vois un jeune abruti qui s’est mis dans une situation idiote (et comment va-t-il redescendre maintenant ?). Bref : une image qui ne fonctionne pas bien et qui ne véhicule pas efficacement le message supposé.

Et ce n’est pas tout.

Parce que même si on admet que “entreprendre c’est aimer l’audace” et si on avale l’idée que l’image du jeune premier sur son réverbère colle à ce message, il reste à décoder le rapport entre cet assemblage poussif et la profession d’expert comptable. Et là, je n’ai pas le moindre début d’idée. La pub suggère-t-elle que les experts comptables sont des entrepreneurs ? Ce n’est pas évident. Qu’ils sont audacieux ? Ce serait drôle.

Entendons-nous : les expert-comptables sont des gens trés bien, et ils font un boulot passionnant. Mais être entrepreneurs et audacieux, ce n’est ni ce qui les caractérise, ni ce qu’on leur demande.

Non, décidément, cette affiche ne veut rien dire. Et c’est pour ça que je l’aime : on n ‘a pas tous les jours l’occasion de sourire.

Mon conseil du jour, pour terminer : si vous êtes jeune, entrepreneur et audacieux, il y a des tas de métiers pour vous. Réfléchissez un peu avant d’entreprendre des études d’expertise comptable.