Anastasiya mon amour

Posté le 27/11/2008 by Fred Reillier

Puisqu’on parle de textes sur ce blog, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter Anastasiya. Voici le message qu’elle m’a écrit :

Salut! J’ai trouve votre profil sur Internet et et j’aimerais faire la connaissance avec vous , et je serais ravie si nous nous connaissons mieux, qu’est-ce que vous en pensez? Je vous ecris et j’ espere que vous attirer l’attention a moi, je suis tres bonne et tendre, j’espere que je vous plairais. Je viens de penser qu’ on peut passer a “tu”? Je vais attendre ta reponse. Je veux juste dire que si je ne peux pas acceder a ce site tu peux m’ecrire a mon adresse e-mail:  yamaeva.anastasiya@yahoo.com

Je trouve ce texte admirable. En 5 lignes, sans transitions, nous passons du statut d’inconnus à celui de bons amis qui se tutoient, espèrent se plaire et échangent leur coordonnées privées. Ce genre de mail est très efficace, et les gens qui les rédigent ne laissent rien au hasard. La maladresse est étudiée, la progression est étudiée, les questions qui ponctuent le message et permettent au lecteur de commencer à fantasmer sont étudiées. Un bel exemple de “webcopy”.

Mais si ce texte m’intéresse, c’est surtout parcequ’il possède une qualité essentielle  : la priorité absolue de celui (celle ?) qui l’a rédigé est de capter l’attention de son lecteur.

Une qualité que j’aimerais tant retrouver dans tous les rapports, cahiers des charges et autres documents professionnels que je lis (et que je rédige) chaque jour.

Anastasiya mon amour, tu attendras longtemps ma réponse, mais j’espère que je ne t’oublierai jamais : j’aimerais tant, en me souvenant de toi, ne jamais omettre, lorsque j’écris un texte, d’avoir pour priorité absolue de capter l l’attention de mon lecteur.

Saint-Cyr, une formation pour manager autrement

Posté le 27/11/2008 by Fred Reillier
Depuis la nuit des temps, c’est dans les tavernes que sévissent les sergents recruteurs.

Vous avez peut-être remarqué, dernièrement, la version moderne du procédé, qui consiste en une pub astucieusement placée sur les tables où, inévitablement, les prospects finiront par venir se désaltérer.

Le message : “Entreprise pas comme les autres recherche candidats atypiques pour parcours professionnels hors du commun”.

Au passage, j’ai revu la semaine dernière mon ami JP, perdu de vue depuis près de trente ans (le jour du bac !), qui a fait une carrière militaire et m’a fait saliver avec ses deux tours du monde, ses postes à Mayotte, ses missions au Chili ou dans les terres boréales.

L’arborescence, colonne vertébrale d’un site

Posté le 24/11/2008 by Fred Reillier

L’arborescence est la colonne vertébrale d’un site. Ce n’est pas une idée nouvelle, mais c’est une idée que j’ai creusée un peu récemment, pour l’expliquer à un client.

Pour ceux que cela pourrait intéresser, voici un petit résumé du document que j’ai préparé pour ce client.

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50cm de plaisir

Posté le 20/11/2008 by Fred Reillier

Vous avez probablement remarqué cette affiche chez votre boulanger, récemment.

Une véritable énigme à mes yeux. On sait que les campagnes publicitaires qui se retiennent le mieux sont celles qui jouent sur l’humour. Mais on sait également que les traits d’humour ratés sont à l’origine de certains des plus gros plantages publicitaires.

Au passage, je me trouve bien gentil de parler d’humour…Cette pub m’a frappé, non pas parcequ’elle est de très mauvais goût (à mon avis), mais surtout parceque le “trait d’humour” n’a vraiment rien de drôle.

On jurerait qu’il y a derrière tout ça un type qui s’est fait plaisir en “osant” ce que personne n’avait jamais fait avant lui… Et pour cause.

Pour autant, si on retient comme critère de qualité qu’une pub est réussie si elle fait vendre, cette pub est-elle nulle ? Je suis incapable de me prononcer.

J’adorerais connaître les résultats de cette (pain de) campagne publicitaire.

Poil au derrière.

Le resto indien préféré de Carlos, chanteur national

Posté le 12/11/2008 by Fred Reillier

Ci-contre, un argument publicitaire imparable déniché l’autre jour porte de Versailles, Paris : ici s’élève le restaurant indien qui fut le

“resto indien préféré de Carlos, chanteur national”

L’argument est renforcé par le qualificatif attribué à Carlos : chanteur national. Un peu comme si le fait de propulser Carlos au panthéon des artistes de music-hall devait assurer une meilleure promotion à l’établissement.

Evidemment, effet comique mis à part dans le cas de ce restaurant, c’est l’inverse qui se produit : le message perd tout impact, et le résultat est catastrophique. S’il n’avait pas une chance de nous fair sourire par sa naïveté, le message deviendrait plus dévalorisant qu’autre chose.

Moralité :  méfiez-vous des adjectifs ! Méfiez-vous systématiquement des adjectifs.

Une chose que j’ai apprise à force d’écrire, c’est qu’un texte, paradoxalement, est d’autant plus imagé qu’il n’est pas encombré d’adjectifs.

Car si les adjectifs sont les mots qui illustrent (voyez la différence entre “un cheval” et “un cheval blanc à la crinière soyeuse”), ce sont aussi les mots qui précisent la pensée de l’auteur. Au point, souvent, de limiter l’imagination du lecteur (qui, lui, aurait peut-être préféré penser à un cheval noir en furie. Qui, lui, trouve peut-être niaise et déplacée l’évocation d’une crinière soyeuse).

Lorsqu’on cherche à aider le lecteur à entrer dans un message, il faut lui laisser de la place, pour que son imagination entre en action. “Un cheval” est une porte ouverte dont le lecteur pourra se saisir. “un cheval blanc à la crinière soyeuse” est une image qu’il aura plus de chances de rejeter.

A l’autre extrême, un texte sans adjectifs est plat. Mais un texte efficace est un texte où les adjectifs sont économisés, comme on économise ses munitions : il faut viser juste et tirer à bon escient.

Pour revenir à notre photo, le gros type sympa et barbu qui chantait Big Bisou et que j’aimais tant quand j’étais enfant ne sera jamais, à mes yeux, un “chanteur national” …

“Tu es bénie entre toutes les femmes”

Posté le 4/11/2008 by Fred Reillier

Porte de Saint-Cloud, Paris, 2007

Avec cette image, j’inaugure une nouvelle rubrique de ce blog, “Text in the City”, dans laquelle je publierai régulièrement des photos prises dans la rue et dans les lieux publics, dont le seul point commun sera de comporter des textes.

Pour le plaisir, pour l’insolite, pour le regard. Et aussi pour partager tous ces messages confus et incompréhensibles que je rencontre chaque jour et qui me plongent dans la perplexité. Une manière également de réfléchir à ce qui constitue un message réussi… le thème de ce blog, en quelque sorte.

Cette église et son message si inactuel “Tu es bénie entre toutes les femmes” dominent la porte de Saint-Cloud, à Paris.